Conscience, extase et unité : relire La Source noire 30 ans après

Durant mon périple au Brésil de ce mois de décembre 2025, un livre m’accompagne intimement : « La Source noire », de Patrice Van Eersel. Il explore les recherches menées par des scientifiques, médecins et chercheurs qui ont osé s’aventurer aux frontières de la mort : expériences de mort imminente, conscience après l’arrêt du corps, états modifiés de conscience.
À travers leurs travaux et leurs témoignages, le livre pose une question vertigineuse : et si la conscience ne s’éteignait pas avec le cerveau ? Et si elle se prolongeait, s’ouvrait même sur une autre dimension du vivant ?
Pour moi c’est une plongée fascinante, là où science et spiritualité commencent à dialoguer.

J’ai lu ce livre une première fois à 18 ans. Trente ans plus tard, sa relecture me révèle à quel point il a irrigué ma vie, silencieusement, sans que je ne m’en rende vraiment compte.

– Regard sur le monde –

Mon regard sur le Brésil est à la fois émerveillé et bouleversé. J’y observe une grande pauvreté, des villes délabrées, des routes et trottoirs abîmés, des maisons rudimentaires, peu de moyens pour les habitants et les infrastructures. Je constate de mes yeux une pollution massive au plastique, jusque dans des lieux reculés, là sur cette plage de mangrove, sur cette île isolée, à 500 km des grandes villes. Une alimentation ultra-transformée, saturée de sucre et de sel, qui fragilise les corps.
Le Brésil est un pays émergent, comme tant d’autres, peuplé de millions d’êtres humains. La colonisation et la conquête des Amériques ont mis à mort des sagesses ancestrales millénaires.

Aux portes de l’Amazonie, notre hôte nous prépare un repas de Noël traditionnel amazonien avec une émotion immense — elle en pleure en présentant ces plats que les colons et les autorités religieuses ont interdit pendant des siècles.
Et pourtant, elle a appelé sa fille Maria-Theresa, un prénom profondément catholique, alors même qu’elle a souffert du joug de l’Église et de la destruction des cultes ancestraux de ses propres ancêtres. Cette contradiction me bouleverse.

Je fais alors un double constat :
– des peuples coupés de leurs racines spirituelles et culturelles par l’imposition du modèle occidental lui-même coupé de son essence ;
– des êtres humains coupés de la Terre et de leur corps, qui se détruisent par une alimentation délétère et une relation irrespectueuse à leur environnement.

Moi qui ai longtemps été profondément optimiste, je sens l’espoir vaciller. Comment l’humanité va-t-elle s’en sortir ? Le réchauffement climatique s’accélère, les COP se succèdent sans révolutions véritables, sans décisions à la hauteur. Curieux hasard que je sois à Belém un mois après la COP 30 de novembre 2025. Nous semblons nous diriger vers des bouleversements humains sans précédent, et il est probable que notre niveau de confort ne sera pas celui qu’ont connu nos parents et grands-parents.

Quel est alors le lien avec ma présence sur cette planète ?

– Regard sur mon monde –

 Depuis l’enfance, j’ai beaucoup rêvé. Rêver me reliait à une part extatique en moi, à la beauté, à la force du vivant. Ma chambre d’étudiante était tapissée de photos de plantes prises en macro, issues de magazines de nature. Je voulais aller dans les étoiles, devenir la première femme astronaute française, faire de l’astrophysique, faire le tour du monde à la voile.
Pendant mes études, je voulais « changer le monde », à mon échelle.
Comme le colibri, j’ai voulu faire ma part. Après des études scientifiques et une formation d’ingénieure, ma première reconversion m’a menée dans les domaines de l’énergie et de l’environnement. J’y ai rapidement rencontré un sentiment d’impuissance : les changements sont lents, dérisoires face à l’ampleur des enjeux.

J’ai alors choisi une autre voie : l’accompagnement et la thérapie. Pour moi, changer le monde commence par se changer soi-même. Déjà en quête de compréhension de mes propres mécanismes, j’ai approfondi ce chemin jusqu’à devenir thérapeute psycho-corporelle et enseignante de tantra.

Ce cheminement a répondu à mes attentes… mais pas de la manière que j’imaginais. Des voyages extérieurs, je suis revenue à l’intérieur. À la quête du corps, du sentir, du vivant, de l’intensité d’exister. À l’extase comme chemin.

Et pourtant, là encore, je me suis confrontée à l’impuissance. À cette sensation de ne pas pouvoir réellement aider, transformer, changer le monde, même à petite échelle.

Je reconnais aujourd’hui que cela résonne avec une part ancienne de moi, l’enfant qui s’est sentie impuissante face à des adultes dysfonctionnants. De là sont nées ma capacité d’écoute, d’adaptation, et ce désir profond d’aider. J’ai compris que vouloir changer l’autre n’est pas le bon endroit. La transformation ne se décrète pas. Elle advient, si l’autre est prêt. Le temps, tel que nous le concevons, est une illusion profondément humaine.

– Une vision –

30 ans plus tard, relire « La Source noire » rallume en moi une flamme d’espérance. À travers la vision de Rupert Sheldrake et de nombreux chercheurs de la conscience, une évidence s’impose peu à peu : nous sommes intimement reliés.
Ce qui nous unit, au-delà des formes, des corps et des différences, pourrait être cet état d’extase originelle — une source commune à laquelle nous retournons peut-être « de l’autre côté ».
L’un des messages forts du livre est que le véritable changement de paradigme ne viendra pas d’abord du monde extérieur, mais d’un basculement intérieur. Et plus nous serons nombreux à nous relier à cet espace de conscience, plus ce champ collectif pourra s’élargir, se densifier, se diffuser.

Et si cela ne passait pas uniquement par le mental, la volonté, ou le corps seul … peut-être que le mouvement s’opère déjà à un niveau plus profond encore : dans nos cellules, en résonance avec les fréquences du vivant et de l’univers.
Un saut de conscience. Un changement de dimension (vers la 5D ?). Pourquoi pas un pas vers une autre manière d’être au monde ✨

Je réalise alors que tout mon chemin n’a été, au fond, qu’une quête de cette extase.
Comme si les graines de toute une vie étaient déjà là, en germe, dans ce livre découvert à 18 ans mais que j’avais « oublié ».

Un fil invisible qui relie
de la science à la spiritualité,
de la thérapie à la transformation,
de la conscience à l’extase…
un chemin patient et profond vers l’Unité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *